VMC hygroréglable en rénovation : l’air neuf ne vient pas des fuites

Vous avez posé une VMC hygroréglable dans une maison jamais étanche, et les bouches tirent bizarrement. Normal : l’extraction ne fabrique pas d’air neuf, elle évacue celui qui est là. Dans un bâti mal joint, le renouvellement se fait au hasard des fissures, des plinthes et des passages de gaines. Résultat, la pièce où vous dormez n’est pas forcément celle qui reçoit le plus d’air. Avant de toucher au réglage des bouches, il faut regarder par où l’air entre réellement, et sur quoi vous pouvez encore agir.

Ce que les bouches ne font pas

Un extracteur crée une dépression dans la pièce, rien de plus. Pour que l’air sorte, il faut qu’il entre quelque part, et ce quelque part n’est jamais la bouche elle-même. Selon technichabitat.com, les bouches évacuent l’air vicié, mais l’apport nécessaire à leur fonctionnement vient des ouvertures en menuiserie, où les entrées d’air ne servent parfois qu’à habiller la découpe. Autrement dit, une VMC posée sans réflexion sur l’entrée tourne dans le vide, ou plutôt contre un bâti qui laisse passer l’air n’importe où.

Dans une maison mal jointe, ce sont les défauts d’étanchéité qui jouent le rôle d’entrée d’air. Ça marche, au sens strict : les bouches aspirent, vous sentez le courant d’air sous la porte. Mais le débit se répartit selon la géométrie du bâti, pas selon vos besoins pièce par pièce. Les chambres sous les combles ramassent l’air froid du grenier, le salon près de la porte d’entrée respire par le bas de porte, et la salle de bain reste souvent la plus mal servie alors que c’est là que l’humidité monte le plus vite.

Entrées d’air : deux familles, deux logiques

Les entrées d’air se posent en traversée de mur ou en traversée de fenêtre, avec une grille extérieure et un dispositif de régulation côté intérieur. On en trouve de deux types, et le choix ne se joue pas sur le prix affiché mais sur le comportement du logement.

hygroréglable ou autoréglable, comment trancher

L’entrée hygroréglable ajuste son débit selon le taux d’humidité ambiant : plus la pièce est chargée en vapeur d’eau, plus elle laisse passer d’air. C’est le même principe que les bouches, et c’est cohérent quand la VMC est elle-même hygroréglable. L’autoréglable, elle, tient un débit à peu près constant, sans se soucier de ce qui se passe dans la pièce. Elle coûte souvent moins cher et se comporte de façon plus prévisible dans un bâti très perméable.

  • Le logement est déjà passablement étanche, avec des menuiseries récentes : l’hygroréglable suit bien les variations d’humidité de la journée.
  • Une maison ancienne qui laisse entrer l’air de partout, et là l’autoréglable évite d’ajouter une régulation sur un système déjà instable.
  • Vous avez des pièces très humides, salle de bain et cuisine en tête ? L’hygroréglable y prend tout son sens, à condition que les bouches soient du même type.
  • Faut-il vraiment tout changer si seules deux fenêtres sont concernées ?

Le kit EHL S d’Aldes, avec socle standard, porte la référence 11014084 et s’affiche à 39,90 €. La version EHL L, à socle acoustique, porte la référence 11014085 : plus chère, elle vise les façades exposées au bruit, et l’écart se justifie surtout si la fenêtre donne sur une rue passante. Sur ce modèle, le jet d’air est orienté vers le plafond, ce qui évite le courant d’air direct sur un lit ou un canapé.

Main tenant un pinceau appliquant de la peinture blanche sur une surface en bois stratifiée

L’orientation du jet, ce détail qu’on regrette

Un jet dirigé vers le plafond mélange l’air neuf à l’air ambiant avant qu’il ne redescende. Un jet horizontal, lui, traverse la pièce à hauteur d’épaule et vous refroidit la nuque en janvier. Sur l’EHL d’Aldes, l’orientation vers le haut est prévue d’usine, mais ce n’est pas le cas de tous les modèles du marché, et certaines entrées laissent sortir l’air droit devant elles, à quelques centimètres du sol. Sur ce point, voir aussi notre article sur proteger sa maison.

La hauteur de pose compte autant que l’angle. Une entrée placée à trente centimètres du plafond envoie son air dans la zone la plus chaude de la pièce, où il se réchauffe vite. Placée en linteau bas, elle refroidit le sol et crée une zone froide désagréable. Dans une rénovation, on ne choisit pas toujours, parce que la découpe existante impose sa position, mais quand c’est possible, montez-la.

Dimensionner l’entrée, pas seulement l’extraction

Les calculs de débit d’une VMC partent presque toujours des bouches : tant de mètres cubes par heure en cuisine, tant en salle de bain. On oublie que l’air doit pouvoir entrer dans les mêmes proportions, sinon les bouches sifflent et le moteur force. Une entrée sous-dimensionnée étrangle le système, une entrée trop grande laisse passer un courant d’air permanent que vous finirez par boucher avec du ruban adhésif, ce qui ramène au point de départ.

La bonne méthode en rénovation consiste à traiter chaque pièce de vie comme un volume à alimenter, puis à répartir les entrées d’air sur les menuiseries disponibles. Une chambre avec deux fenêtres n’a pas besoin de deux entrées si l’une des deux est condamnée par un meuble. Et si les fenêtres sont en PVC récent, la découpe se fait en atelier, pas sur place : prévoyez le remplacement de la menuiserie plutôt qu’une découpe hasardeuse sur un dormant déjà posé.

Reste le cas des maisons où aucune menuiserie ne peut recevoir d’entrée, baie vitrée plein sud, fenêtres à galandage, murs en pierre de forte épaisseur. La traversée de mur devient alors la seule option, avec un carottage qui demande un peu de méthode pour ne pas créer de pont thermique. C’est faisable, ça se voit moins qu’on ne le croit de l’intérieur, et ça évite de faire reposer tout le renouvellement d’air sur les défauts du bâti.

Cylindres de gaz avec valves et étiquettes jaunes alignés en rangée

Ce qu’il faut retenir avant de percer

Une VMC hygroréglable ne rend jamais étanche ce qui ne l’est pas, et elle n’a pas à le faire. Son travail commence à l’entrée d’air, dans cette découpe de menuiserie que personne ne regarde. Si vous rénovez, commencez par là : deux ou trois entrées bien placées, orientées vers le plafond, du même type que les bouches, et le système trouve son équilibre. Le reste, les joints, les bas de porte, viendra après, sans urgence.

Franchement, la question à se poser n’est pas de savoir si votre maison est étanche, elle ne l’est pas et ne le sera pas. C’est de savoir combien de pièces respirent aujourd’hui par accident, et combien vous voulez faire respirer volontairement. Une fois cette liste écrite, le choix du modèle devient presque secondaire. Combien de fenêtres de votre logement pourraient accueillir une entrée d’air sans que vous ayez à toucher au reste ?

Author: Florent

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